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LA PIVOINE MUSICALE / AR BIVOENA SONEREZHEL Association Loi de 1901 |
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Nous, membres de l'association La Pivoine Musicale, voulons remercier le personnel soignant de centres de soins (hôpitaux, EHPAD, maisons médicalisées).
Certains d'entre nous ont pu mesurer dans des circonstances variées le dévouement de ces professionnels qui surmontent souvent des situations compliquées.
Bien sûr il peut arriver que certains
patients vivent des situations où leur angoisse n'a pas rencontré la réponse qu'ils souhaitaient. Mais sur les dizaines d'années que certains d'entre nous
ont expérimentées, comme professionnels extérieurs à l'hôpital et à la médecine proprement dite, comme patients
multirécidivistes au long cours, comme patients pluripathologie, nous voulons témoigner et dire merci.
Cette page regroupe des témoignages de patients que nous voulons joyeux, quelles que soient les circonstances, bienveillants et reconnaissants. Est-il choquant après la lecture de ces témoignages de financer un fauteuil massant, une lampe de transillumination vasculaire, une machine à café, un aspirateur à eau, et bien d'autres appareils espérés par les soignants pour améliorer leur qualité de vie au travail ? A vous d'en juger et de décider si, au delà d'une sympathique soirée musicale et gourmande gratuite, vous voulez vous associer à la communauté des reconnaissants.
Les situations rapportées dans les témoignages confinent souvent au domaine de l'intime. Aussi les témoignages sont-ils anonymes. Si vous souhaitez partager un tel témoignage, toujours dans un esprit de reconnaissance bienveillante, vous trouverez un formulaire ici
J'ai passé quelques semaines en Hépato-Gastroentérologie (et avec de brefs passages dans d'autres services via le service des brancardiers pour des examens tels la Radiologie et Imagerie médicale). Outre la qualité des soins je souhaite souligner les qualités humaines de l'ensemble du personnel soignant ou non, de jour ou de nuit, encore en formation ou diplômé avec différentes années d'expérience (et contribuant aussi avec bienveillance à la formation des plus jeunes). Tout en faisant face parfois à des situations difficiles et mobilisant plusieurs personnels, ces derniers font tout pour se rendre disponible dans une bonne ambiance qui rejaillit sur les patients.
Bref un service où empathie et bien être du patient sont des maîtres-mots.
2 heures du matin après une lourde opération. Je suis réveillé en sursaut par l’infirmière qui s’excuse et pousse devant elle une raclette de nettoyage. La raison ? Un patient a ouvert sa douche (italienne) en grand, inondant tout l’étage. Il était mécontent de devoir attendre le passage des infirmières après avoir activé sa sonnette. Ce n’était certainement pas la meilleure façon de rendre l’infirmière de nuit plus disponible. Elle a dû passer plus d’une heure à une tâche qui n’était vraiment pas ce pour quoi elle était employée.
Anémié au plus haut point, transfusé dans la matinée et transporté en relative urgence en hospitalisation en médecine interne pour traiter un sepsis (septicémie) qui s’est sur ajouté, je subis avec patience les assauts des infirmières à la recherche d’une nouvelle veine pour poser un cathéter. Las, les veines disparaissent sous l’aiguille. En désespoir de cause les infirmières appellent le SAMU. En soirée deux infirmiers du SAMU entrent dans la chambre dans leur ciré jaune. Celui de gauche sort une petite lampe de sa poche, éclaire mon bras et dit : « Je la vois. » Il pique directement dans la veine qui se dérobait aux yeux et au toucher des infirmières du service. Cette lampe ou une de ses cousines équipe désormais les services d’urologie et de radiothérapie grâce aux dons aux Harmonies solidaires 2025.
Elle est jeune, juste sortie de l’école d’infirmières. C’est la nuit et elle est sans doute seule ou peu s’en faut. Et pourtant mon état commande que l’on pose une sonde gastrique pour évacuer ce que mon corps ne veut pas retenir. Je vois dans ses yeux le courage qu’elle rassemble. Je n’en mène pas large non plus. Mais avec les mots appropriés, ayant préparé tout le matériel stérile, elle insère la sonde dans ma glotte et descend doucement mais fermement dans l’estomac. Nous nous regardons. Nous avons réussi. Je n’ai pas eu de convulsions et elle n’a pas tremblé. Merci… même si pendant trois jours j’aurai ce désagréable sentiment d’un corps étranger dans ma gorge et mon œsophage.
Je suis dans une chambre des urgences où je dois encore patienter pour avoir la visite du médecin de garde. Soudain un cri et une sirène retentissent. J’entends un bruissement comme le vent dans de grands arbres et devant moi je vois filer à toute vitesse toutes les blouses du service vers les urgences psychiatriques pour aider à maîtriser un forcené qui a perdu la tête. Quelques temps plus tard l’infirmière entre, encore un peu échevelée de sa cavalcade et s’occupe de moi comme si de rien n’était.
Cela fait une heure que nous attendons aux urgences. Un homme, sale et bougonnant est entré avec un sac qui semble contenir toute ses possessions. Il parle fort. Se plaint amèrement d’un autre service qui n’a pas su voir qu’il allait se suicider. Il espère tout haut que cela prendra moins de temps et crie pour avoir une consultation psychiatrique. Il sent l’alcool, il sent la rue et la déchéance. L’infirmière de l’accueil passe régulièrement le voir pour lui parler et lui demander d’être patient. Il sera enfin accompagné, gentiment vers le service adéquat. Ce n’est qu’un exemple du monde bigarré qui peuple les urgences souvent la nuit.
Je peux recommencer à marcher après une semaine passée dans le service. Le couloir me fait tourner en rond autour des bureaux des infirmières et des médecins. À ma gauche, j'essaie de ne pas jeter un œil dans les chambres des autres patients. Je remarque tout de même une infirmière assise auprès d'une vieille dame, qui lui parle très doucement. Quand elles ont un peu de temps, les infirmières peuvent essayer d'aider les patients inquiets à surmonter leurs peurs. Un sentiment de paix et de calme m'envahit pendant ma promenade.
Le travail en radiothérapie, c'est bien sûr d'aligner le corps du patient sous le canon de la machine. Pour cela il faut soulever des gabarits, des écrans et bien d'autres instruments lourds à longueur de journée. Parfois le patient lui même a du mal à monter sur la table et doit être aidé. Il faut des bras, des jambes et un dos en bon état!